VOUS AVEZ DIT « APAISÉE » ?

L’assemblée générale statutaire de la FFVB se tiendra à Strasbourg cette fin de semaine. Sauf coup de théâtre, cette AG se voudra une nouvelle fois « apaisée », comme le Président Éric Tanguy a qualifié celle de février dernier. La volonté de recréer de la confiance et de parvenir à « rassembler » la grande famille du volley est noble, mais qu’en est-il vraiment dans les faits ? La situation est-elle réellement apaisée ou bien le calme apparent reflète t-il plutôt une forme de résignation de la part de clubs désabusés et qui se sentent de plus en plus abandonnés par la fédération ?

À en croire l’exécutif fédéral, le volley se porte de mieux en mieux. L’équipe de France est qualifiée pour les Jeux Olympiques, le nombre de licenciés augmente, de nouveaux sponsors arrivent, un nouveau mode de gouvernance va être mis en place pour travailler toujours plus dans la concertation. A priori, plutôt des bonnes nouvelles. Sauf que la lecture que l’on essaie de faire passer n’est pas la bonne et cache des aspects beaucoup plus sombres et inquiétants pour l’avenir.

LICENCES : ÇA STAGNE

La comparaison des données chiffrées de la fédération entre le mois de juin 2015 et le mois de mai 2016 nous enseigne que le nombre total de licenciés n’augmente pas dans les proportions que l’on veut laisser croire (+8%).

Pire, ce chiffre serait même plutôt en baisse de 3% d’après les derniers chiffres officiels, passant de 124 911 à 121 046.

Mais après tout, ce n’est qu’une question d’interprétation… Une chose est certaine, dans le secteur compétition, le nombre de licences peine à décoller avec un peu moins de 70 000 licences contre 68 349 l’an passé, auxquelles il faut ajouter 3 059 licences beach dont une majorité sont détenues par des joueuses et joueurs déjà licenciés en salle. Or c’est bien cette catégorie « compétition » qui doit logiquement contribuer au développement de la fédération et au renouvellement des générations. Sur son coeur de cible qui est la compétition et les jeunes, la fédération ne progresse donc pas et n’attire pas plus de nouveaux adhérents. Quant au nombre de clubs, il continue à diminuer passant de 1 409 à 1 397…

FINANCES : LES CLUBS CONTINUENT DE PAYER

Bien que des partenaires tels que Point P, Crédit Mutuel et Cristalline viennent de s’engager aux côtés de la fédération grâce aux résultats de l’équipe de France masculine, les ressources financières provenant des partenaires privés ne représentent qu’un peu plus de 8% des recettes fédérales.

En enlevant la subvention ministérielle qui représente à elle seule 17 % des recettes, cela signifie que le modèle économique de la fédération reste extrêmement fragile et repose à plus de 70 % sur les redevances des clubs, les cotisations licences, les amendes.

Or les subventions publiques continuent de diminuer drastiquement. Alors si la FFVB souhaite conserver ses recettes à des hauteurs similaires, devinez qui va payer encore un peu plus ? Le licencié et les clubs bien sûr, sans pour autant augmenter la qualité et la quantité de services qui leurs sont offerts…

DÉVELOPPEMENT : BUDGET EN BAISSE

Les recettes exceptionnelles générées par la Ligue Mondiale 2015 et le titre de Champion d’Europe permettent d’absorber le déficit prévisionnel 2016 à hauteur de 477 000 €. Aucun fonds n’est donc affecté pour le développement. Pire, à la lecture du budget 2017, force est de constater que l’enveloppe développement est en baisse en comparaison aux années précédentes :

260 000 € prévus pour 2017, contre 417 000 € en 2016 et 297 000 € en 2015.

Mais alors, l’argent ne serait-il investi que dans le haut-niveau ?

GOUVERNANCE : L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE BAFOUÉE

La gouvernance proposée ne présente aucune logique et vient alourdir le fonctionnement fédéral sans pouvoir améliorer son efficacité.

Il est intéressant de noter que plusieurs orientations votées en assemblée générale en février ne sont pas prises en considération dans la version des statuts qui sera soumise à approbation des délégués ce week-end.

S’il ne s’agit pas au moins d’un mépris vis-à-vis des décisions de l’assemblée générale, cela trahit au pire de l’amateurisme pour une réforme menée à l’emporte-pièce sans en avoir mesuré toutes les conséquences. À noter d’ailleurs que les versions des statuts et du règlement intérieur soumises au Conseil d’administration pour approbation et présentation en assemblée générale, ne sont pas celles qui seront présentées aux délégués. On demande donc à l’AG de se prononcer sur des documents dont le CA n’a pas pleinement connaissance.

ÉLECTIONS : LE VOTE DES CLUBS NÉGLIGÉ

Le scrutin de liste auquel devront prendre part les clubs n’est que de la poudre aux yeux.

La liste élue à la majorité sur la base d’un projet politique ne se retrouvera qu’avec 7 sièges dans un conseil d’administration composé d’au minimum 35 membres.

Les représentants des ligues quant à eux disposeront d’un minimum de 22 sièges. Rappelons que ces mêmes représentants ne seront porteurs d’aucune vision ni d’aucun projet. La liste perdante quand à elle ne récupérera que 3 sièges, autant dire que leurs élus feront mieux de rester chez eux puisqu’ils n’auront aucune chance d’être entendus. Ce sont donc bien les représentants des ligues qui auront le dernier mot et qui pourront contrôler toute la politique fédérale avec un pouvoir de blocage des orientations et des décisions extrêmement fort. Le message envoyé par l’exécutif actuel est donc très clair : clubs, vous pouvez voter mais quel que soit votre choix, nous détournerons vos votes au profit du pouvoir des ligues. Rien d’illégal, mais un véritable non sens doublé d’une arrogance et d’un mépris à l’égard de ceux qui font le volley-ball au quotidien.

COMPÉTITIONS : DES FORMULES INCOMPRÉHENSIBLES

Nous ne pouvons passer à côté des nombreux couacs et des incohérences de plusieurs formules sportives. Les mini-volleyades récemment terminées ont fait l’objet de débats agités et traduisent une nouvelle fois le mécontentement de plusieurs acteurs de terrain. La Coupe de France de beach-volley subit au fur et à mesure des tours, des ajustements qui n’ont plus rien à voir avec la formule proposée initialement et à l’opposé de toute logique sportive.

Les équipes qui devraient être éliminées continuent de jouer alors que celles qui gagnent sont exemptées. Même les équipes qui déclarent forfait parviennent à être repêchées sans aucune pénalité…

Cherchez l’erreur et l’équité…

Sans vouloir jeter la pierre aux personnes qui donnent de leur temps en tant que bénévoles au service de la fédération, il est désormais urgent de constater que l’environnement sportif a considérablement évolué au cours des 25 dernières années. Nous évoluons à présent dans un univers professionnalisé et concurrentiel qui demande de l’anticipation, de l’innovation, de la compétitivité, une gouvernance et des méthodes de gestion irréprochables et transparentes. La bonne volonté ne suffit plus pour gérer une fédération, il faut désormais les compétences et l’expertise pour piloter et développer une véritable « entreprise associative ».

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